Michel Petit Teberian

J’ai découvert l’écriture lorsque j’étais gamin à l’école. Notre maître nous avait demandé d’écrire une petite histoire, je m’étais alors passionné de rédiger un magnifique thriller d’une dizaine de page, que je rêvais de faire partager à toute la classe, mais le maître ne m’a pas choisi pour la lecture, à mon grand dépit. Le chef d’œuvre de mon enfance est donc resté dans mon cartable. Malheureusement, très tôt j’ai opté pour la profession de médecin, ce qui n’a pas laissé beaucoup de marge à mes envies littéraires. C’est beaucoup plus tard, lorsque ma grand-mère en fin de vie s’est ouverte à moi pour raconter son exode fantastique, que je lui ai demandé si je pouvais écrire son histoire. Sa réponse a été un déclencheur d’une évidence inouïe: « mon petit-fils, Michel, toi tu es docteur, tu sais écrire. Moi je signe mes papiers d’une croix, je ne suis jamais allée à l’école. Alors, c’est toi seul qui a la réponse ». De là est né mon première livre, "Sultane d’Arménie", qui a eu deux effets, inattendus: d’abord la résurgence  de ma passion pour l’écriture, mais surtout, un bonheur extraordinaire, Sultane, ma grand-mère décédée il y a quarante ans, est toujours en vie.

C’est un autre décès qui a déclenché le besoin d’écrire "Taote FETI’I - Un médecin de famille à Tahiti ». Celui de Loulou, le médecin de campagne qui a accepté de prendre un jeune diplômé comme associé. Il m’a énormément appris et sa convivialité était magique. Nos discussions portaient bien évidemment sur nos patients et Loulou rêvait d’écrire un livre relatant nos anecdotes où se mêlaient la gravité souvent, l'angoisse parfois, l’humour heureusement. Le drame, il n’eut pas le temps de l’écrire, la mort l’emporta alors qu’il venait juste de prendre sa retraite.

Le troisième manuscrit est une libération. Pour de multiples raisons, j’ai fermé mon cabinet médical en 2012 et suis parti pour un contrat à bord des navires de la compagnie du Ponant. Quatre mois d’Arctique et quatre mois d’Antarctique. Huit mois inoubliables de voyages fantastiques qui restent gravés dans mon esprit et de rencontres extraordinaires, génératrices d’amitiés durables.Je ne pouvais qu’en faire un livre, mais je me devais de revenir à mon projet d’enfance, il fallait que ce soit un thriller. Entre vérité et imagination, au lecteur de faire le tri.

Le quatrième manuscrit est en phase de relecture avant édition, il s’intitule « Taote coupable », encore un peu de déformation professionnelle.

Le cinquième livre est un nouveau thriller, en cours d’écriture, dont je ne peux dévoiler l’histoire, n’en connaissant pas encore la fin, mais j’ai une petite idée qui se précise au fil des pages.

En conclusion, l’écriture est devenue pour moi un extraordinaire moyen d’évasion, de voyage et de liberté, mais aussi de bonheur. Lorsque j’écris, je suis ailleurs, tous mes soucis disparaissent, mon esprit se canalise et s’apaise. Ce serait fantastique si mes lecteurs ressentaient un peu de cette émotion que me donne l’écriture, le bonheur.

Bibliographie

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