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Du voyage transatlantique à l’odyssée Pacifique : place et rôle de l’océan dans le destin de l’Amérique

par Florent ATEM

Maître de conférences à l’Université de la Polynésie française.

UR 4241 EASTCO : Études approfondies des sociétés traditionnelles et contemporaines en Océanie.


Henry Adams à son bureau, photographié par son épouse, Marian Hooper Adams, en 1883.
Henry Adams à son bureau, photographié par son épouse, Marian Hooper Adams, en 1883.

Introduction


Si le destin des États-Unis est traditionnellement associé à un mouvement d’expansion vers les terres de l’Ouest, l’océan occupe une place tout aussi fondamentale dans l’histoire de la nation. Profondément redoutable mais également source d’opportunités, le grand bleu est synonyme d’aventure, parfois aux allures de rite de passage, périple au bout duquel la conquête du monde extérieur semble surtout aboutir à la révélation de soi.


L’entité destructrice : l’océan comme rite de passage


À l’époque de l’Amérique coloniale, l’océan Atlantique constitue un obstacle qui barre la route aux sujets du roi d’Angleterre désireux de fuir les problèmes politico-religieux ou les difficultés socio-économiques. Persécutés par les évêques, tels William Laud, connu pour la ferveur avec laquelle il défend l’église anglicane et s’oppose au nouveau courant religieux, les puritains fuient la Grande-Bretagne. Désireux de « purifier » l’anglicanisme, qui conserve à leur goût trop de traces de catholicisme, les plus fervents, appelés « Precisians » ou « séparatistes » (1), s’établissent notamment en Hollande. Mais le pays est rapidement dominé par les doctrines arminiennes et anabaptistes, qui poussent les Anglais de la congrégation de Leyde à partir en 1617. Au terme d’âpres négociations, la London Virginia Company accorde une patente aux « Pères pèlerins » et deux navires sont affrétés. Ainsi, en 1620, le Mayflower quitte Londres avec une centaine de passagers à son bord, en direction de la Virginie pour y fonder une communauté où pourra s’opérer le processus de renaissance qui a motivé le franchissement du redoutable océan. Le Speedwell quitte également Londres avec le Mayflower mais l’équipage se voit contraint de faire demi-tour en raison d’une fuite d’eau. Jalonné d’obstacles, le voyage transatlantique est une entreprise risquée et nombreux sont les dangers qui guettent celles et ceux qui désirent traverser l’Atlantique pour changer de vie et démarrer une nouvelle existence, loin du vice et de la corruption de la vieille Europe (2).


L’impulsion fédératrice : l’océan comme objectif


Aux tournants des XVIIIe et XIXe siècles, la théocratie puritaine, dont l’hystérie collective de la chasse aux sorcières à Salem en 1692 avait déjà sonné le glas, a disparu et les anciennes colonies, fraîchement affranchies du joug de la Couronne britannique, ont ratifié non sans difficulté les Articles de la Confédération, avant de se doter, en 1787, d’une Constitution (3). Cette unité durement acquise doit être préservée à tout prix, pensent les Fédéralistes, opposants à un mouvement expansionniste qu’ils jugent prématuré et potentiellement destructeur car susceptible de provoquer l’éclatement de la nation entre états de l’Est et communautés de l’Ouest. Au contraire, les Républicains, menés par Thomas Jefferson, croient en un avenir basé sur le déploiement d’un réseau commercial en direction de la côte Pacifique (4), ne serait-ce que pour tourner définitivement le dos à l’Europe, et plus particulièrement à l’Angleterre. C’est donc bien la quête d’une voie maritime qui traverserait le continent de part en part, écho direct au vieux fantasme de Christophe Colomb (5), qui occupe le centre des débats au temps de la jeune république.


Commanditée par Jefferson, l’expédition menée par ses hommes de confiance, Meriwether Lewis et William Clark, se lance en 1804 dans une épopée transcontinentale en quête du légendaire passage du Nord-Ouest. Mais outre l’objectif du voyage, l’aventure elle-même prend des allures de parcours initiatique et permet à la troupe d’explorateurs, dans laquelle se mêlent francophones, soldats américains, Amérindiens et même l’esclave noir de Clark, de former un groupe multiculturel soudé par l’extrême difficulté du voyage au bout de la wilderness, dans un cadre naturel dont la beauté n’a d’égale que l’hostilité. S’il peut être vu, dans un premier temps, comme une forme de rite de passage dans le cas du voyage transatlantique qui a permis le peuplement du continent nord-américain, l’océan, en tant qu’objectif, est aussi l’un des principaux moteurs du processus d’américanisation (6) et joue à ce titre un rôle fondamental dans l’émergence de l’identité américaine.


L’océan comme théâtre de la révélation de soi


Définie comme une ligne mouvante qui progresse vers l’Ouest, la frontière est déclarée close par Frederick Jackson Turner (7) dans un colloque d’historiens à Chicago en 1893. Cette même année, un écrivain américain du nom de Henry Adams, qui n’est autre que le petit-fils et l’arrière-petit-fils de deux présidents des États-Unis, publie un ouvrage qui prend sa source au cœur de l’océan, les Mémoires de Ariitaimai (8), censé relater la vie d’une cheffesse tahitienne, à la tête du clan des Teva, le plus puissant du Tahiti pré-européen. Car à l’instar d’autres intellectuels de l’époque, à la recherche du « bon sauvage » et désireux de se ressourcer au sein de sociétés dites « primitives », Adams s’est lancé dans un périple qui l’a mené jusqu’au cœur du Pacifique. Encore traumatisé par le récent suicide de son épouse et la perte de sa sœur, décédée du tétanos quinze ans plus tôt, il part à l’aventure dans les mers du Sud pour échapper à lui-même, d’autant qu’il se sent en décalage par rapport aux visées impérialistes d’une Amérique de l’après-guerre civile qui n’a, pense-t-il, aucune utilité d’un personnage de son type (9).


Le 30 août 1890, il débarque à Hawaii, territoire déjà défiguré par son entrée récente dans la modernité depuis la signature en 1875 d’un traité de réciprocité avec les États-Unis qui avait préparé l’annexion de l’archipel. Dans la capitale, le nouveau mode économique bouleverse la vie autochtone et pousse Adams à se rendre sur la grande île de Hawaii, où il admire la beauté hostile des vastes paysages de lave. Dans ce cadre géologique primordial, il se dérobe à l’histoire, hors du temps, au beau milieu du vaste océan. Mais occidentalisé à l’extrême, Hawaii n’est plus à la hauteur de l’image véhiculée par les récits de voyage qui l’ont fait rêver. Le moment du départ venu, il regrette de ne pas avoir pu connaître le visage authentique de cette société du Pacifique mais, plein d’optimisme, préfère la voir comme « un agréable hors d’œuvre au banquet polynésien » (10) qui l’attend au bout du grand bleu.


Ariitaimai Salmon
Ariitaimai Salmon

Son hypothèse semble se vérifier dès l’étape suivante, aux îles Samoa, où il est initié à la cérémonie du « kava », breuvage de fabrication artisanale synonyme de l’identité locale dans plusieurs cultures du Pacifique. Après avoir partagé le quotidien des indigènes, il souhaite approfondir sa quête philosophique et poursuivre son immersion dans les sociétés millénaires de Polynésie. Il quitte les Samoa à la fin du mois de janvier 1891 et arrive à Papeete en début février, où il est reçu par les notables de la ville, comme le consul américain William Doty ou son prédécesseur, Dorence Atwater. Ce dernier les installe près de la maison d’une grande famille de l’île : la famille Salmon (11). Il y fait notamment la connaissance de Marau Ta’aroa, la dernière reine de Tahiti, mais c’est surtout la rencontre avec la mère de celle-ci qui bouleversera l’écrivain (12).





L’avenue de la reine. Sur la gauche, on distingue le portail d’entrée de la maison de Ariitaimai, en 1885 (photographie de Raanui Daunassans, descendant de Ariitaimai et de Marau Ta’aroa)
L’avenue de la reine. Sur la gauche, on distingue le portail d’entrée de la maison de Ariitaimai, en 1885 (photographie de Raanui Daunassans, descendant de Ariitaimai et de Marau Ta’aroa)

Descendante du côté de son père du clan des Teva, elle a également hérité de tous les droits et pouvoirs de sa mère, fille unique du plus grand chef de l’île voisine de Moorea. Adoptée par la veuve du roi Pōmare II, elle a grandi aux côtés de ’Aimata, qui n’est autre que la future reine Pōmare IV. À Papara, il passe plusieurs jours à écouter la grande cheffesse lui dévoiler les secrets du Tahiti d’autrefois. Par rapport au départ de Papeete, le 4 juin 1891, le dynaste bostonien écrira : « La seule chose qui m’importait (…), c’était de quitter la chère vieille dame ; elle m’embrassa sur les deux joues (…), elle nous fit un petit discours, si sincère et si plein de dignité, que, bien qu’elle l’eût prononcé en sa langue natale, et que je n’en comprisse pas un mot, je perdis tout à fait le contrôle de moi-même » (13). Cette confidence de l’aristocrate permet de mesurer à quel point il est bouleversé par la noble indigène à l’occasion de cette rencontre, point culminant de ce qui mériterait d’être qualifié de « parcours initiatique » dans les mers du Sud, au cœur du grand océan.


Conclusion


Ainsi, si elles se distinguent sensiblement des voyages de découverte menés par les pionniers de la conquête de l’Ouest du XIXe siècle, l’odyssée des écrivains américains qui, vers la fin du siècle, souhaitent se ressourcer au sein de sociétés dites « primitives » (14), s’inscrit symboliquement dans la trajectoire de leurs prédécesseurs.


Si le destin des îles est bien évidemment lié à l’océan et au rapport que les populations insulaires entretiennent avec lui, le grand bleu joue un rôle tout aussi fondamental dans la destinée de l’Amérique : du franchissement de l’Atlantique, à l’époque des premières théocraties puritaines, jusqu’à l’exploration du Pacifique ; il semblerait même que la dynamique du mouvement vers l’Ouest, motivée par la recherche d’un passage maritime qui permettrait de relier les deux côtes, soit indissociable du processus qui permet l’émergence de ce qui constitue l’essence-même de l’identité américaine.


Les thèses de J. Hector St John de Crèvecœur, qui avait avancé dans ses Lettres d’un cultivateur américain (15) que la progression d’Est en Ouest du modèle de la civilisation blanche était géographiquement visible, paraissent donc directement liées à la quête d’une voie fluviale transcontinentale qui mènerait jusqu’à l’océan. Ce schéma, emprunté à Crèvecœur par Jefferson, qui l’étend à l’ensemble du territoire, paraît trouver un prolongement naturel dans les aventures jusqu’aux confins du Pacifique des intellectuels américains en quête d’exotisme ou de valeurs de substitution après la fermeture de la frontière.


Si les océans Atlantique et Pacifique, qui renvoient aux deux grandes périodes que sont l’Amérique puritaine et celle de l’idéal expansionniste, encadrent en quelque sorte l’histoire des États-Unis d’un point de vue temporel, ils illustrent tous deux l’importance et le rôle de l’océan dans le destin des États-Unis. Si le grand bleu entoure le continent nord-américain sur le plan géographique, il demeure en réalité au cœur des préoccupations de la jeune république. De manière plus globale, il occupe une place tout aussi fondamentale au cœur du destin de l’humanité.


Bibliographie


  • Adams, Henry. Memoirs of Marau Taaroa, Last Queen of Tahiti. Privately printed, 1893.

  • ADAMS, Henry. Memoirs of Arii Taimai e Marama of Eimeo, Teriirere of Tooarai, Teriinui of Tahiti, Tauraatua i Amo. Paris : [Henry Adams], 1901.

  • ADAMS, Henry. Tahiti : Memoirs of Arii Taimai e Marama of Eimeo, Teriirere of Tooarai, Teriinui of Tahiti, Tauraatua i Amo. Edited, with an Introduction by Robert E. Spiller. New York : Scholars’ Facsimiles and Reprints, 1947.

  • ADAMS, Henry. Mémoires d’Arii Taimai. Traduit de l’Anglais par Suzanne & André Lebois. Introduction par Marie-Thérèse & Bengt Danielsson. Paris : Publications de la Société des Océanistes, N °12, Musée de l’Homme, 1964.

  • ATEM, Félix. Henry Adams et le Pacifique Sud. De l’expérience tahitienne aux mémoires d’Ariitaimai. Thèse de doctorat, Université Sorbonne Nouvelle - Paris III, 1996.

  • CRÈVECŒUR, J. Hector St. John de. Letters from an American Farmer. Edited with an Introduction and Notes by Susan Manning. New York : Oxford University Press, 1997 [1782].

  • DE VOTO, Bernard, ed. The Journals of Lewis and Clark. Foreword by Stephen E. Ambrose, maps by Erwin Raisz. Boston and New York : Houghton Mifflin Company, 1997.

  • HUGUES, Gérard & Daniel ROYOT. Thomas Jefferson et l’Ouest. L’expédition de Lewis et Clark. Paris : Armand Colin/CNED, 2005.

  • JACKSON, Donald, ed. Letters of the Lewis and Clark Expedition with Related Documents, 1783-1854. Second Edition, with Additional Documents and Notes. Urbana and Chicago : University of Illinois Press, 1978, vol. 1.

  • MARTIN, Jean-Pierre & Daniel ROYOT. Histoire et civilisation des États-Unis. Textes et documents commentés du XVIIe siècle à nos jours. Paris : Nathan, 1974.

  • PAINE, Thomas. Common Sense. Edited by Eric Foner. New York : The Library of America, 1955 [1776].

  • ROWE, John Carlos. Henry Adams and Henry James. The Emergence of a Modern Consciousness. Ithaca and London : Cornell University Press, 1976.

  • SALMON, Ernest. Alexandre Salmon et sa femme Ariitaimai. Deux figures de Tahiti à l’époque du Protectorat. Papeete : Sociétés des études océaniennes, 1982.

  • SALMON, Tati & Henry ADAMS. Lettres de Tahiti. Traductions et notes de Pierre Lagayette. Papeete : Éditions du Pacifique, 1980.

  • TAYLOR, Alan. American Colonies. The Settling of North America. New York : Penguin Books, 2001.

  • TURNER, Frederick Jackson. The Frontier in American History. Introduction by Andrew S. Trees. New York : The Barnes & Noble Library of Essential Reading, 2009 [1920].


1 - Comme l’explique Alan Taylor, « [l]a majorité demeurait au sein de l’église anglicane […]. Les puritains plus radicaux, cependant, devinrent les « séparatistes », d’emblée déterminés à se retirer pour former leurs propres congrégations indépendantes » : « [m]ost remained within the Anglican Church […]. The more radical Puritan, however, became “Separatists”, determined immediately to withdraw into their own independent congregations » (p. 161) 

2 - C’est en ce sens que Thomas Paine, le célèbre pamphlétaire et auteur de Common Sense, écrit en 1776 qu’« en Amérique, c’est la loi qui règne », tandis que « dans les monarchies absolues, c’est le roi qui fait la loi » : « in America THE LAW IS KING […] in absolute governments the King is law » (p. 34).

3 - « La Confédération semble donner la preuve permanente de son inefficacité » et « la Convention de Philadelphie […] décide bientôt de rédiger une Constitution nouvelle, capable « de garantir la stabilité au gouvernement et la sécurité à la minorité» » (Martin et Royot, p. 39). Ratifiée en 1788, la Constitution des États-Unis entre en vigueur en 1789.

4 - Dans les instructions transmises à Lewis, le 20 juin 1803, Jefferson ne laisse planer aucun doute quant à la visée commerciale de l’entreprise : « [l]’objet de votre mission est d’explorer la […] voie d’eau la plus directe et la plus praticable qui traverse le continent, exploitable à des fins commerciales » (« [t]he object of your mission is to explore the […] most direct & practicable water communication across this continent for the purposes of commerce ») (Jackson, p. 61).

5 - Dans The Journals of Lewis and Clark, Bernard De Voto souligne ce point : « l’expédition Lewis et Clark relève du même type d’effort qui avait mené Colomb au Nouveau Monde » (« the Lewis and Clark expedition belongs to the line of endeavor that had taken Columbus to the New World ») ; l’historien ajoute que l’enjeu, dans le cas des deux explorateurs, consiste à « trouver une voie d’eau qui relierait directement l’Atlantique et le Pacifique » (« find direct water communication between the Atlantic and the Pacific »), c’est-à-dire à relier les deux océans (p. xlvi).

6 - Gérard Hugues et Daniel Royot qualifient l’épopée des explorateurs jusqu’au Pacifique « d’expérience de laboratoire où se déroule sous forme embryonnaire le destin d’une Amérique à bâtir » (p. 133).

7 - La théorie de Turner est développée dans l’ouvrage The Frontier in American History, publié en 1920.

8 - L’œuvre est en réalité publiée à compte d’auteur sous le titre Memoirs of Marau Taaroa, Last Queen of Tahiti, en 1893, avant la parution à Paris, en 1901, d’une version augmentée, cette fois-ci intitulée Memoirs of Arii Taimai e Marama of Eimeo, Teriirere of Tooarai, Teriinui of Tahiti, Tauraatua i Amo. En 1947, Robert E. Spiller propose une réédition du volume et une traduction française des Mémoires paraît en 1964.

9 - John Carlos Rowe évoque ce point dans la préface de son ouvrage, Henry Adams and Henry James. The Emergence of a Modern Consciousness.

10 - Félix Atem emploie cette image dans sa thèse de doctorat, intitulée Henry Adams et le Pacifique Sud (p. 106).

11 - Figures incontournables du Tahiti du temps du Protectorat, Ariitaimai et son époux sont au centre de l’ouvrage Alexandre Salmon et sa femme Ariitaimai, d’Ernest Salmon, le fils de Marau, soit leur petit-fils.

12 - Adams se lie également d’amitié avec Tati Salmon, le frère de Marau ; la correspondance de l’écrivain avec celui-ci peut être consultée dans Lettres de Tahiti, recueil publié en 1980 par les Éditions du Pacifique.

13 - Ce passage apparaît dans l’ouvrage Lettres des mers du Sud : 1890-1891, publié en 1974 par la Société des Océanistes (p. 384).

14 - Dans sa lettre à Elizabeth Cameron du 4 juin 1891, Adams, profondément ému avant de quitter Ariitaimai, emploie le terme de façon clairement laudative : « Je ne la reverrai plus jamais, mais j’ai appris d’elle ce qu’était une femme primitive » (Lettres des mers du Sud, p. 384).

15 - Ode au paradigme agrarien, l’ouvrage de Crèvecœur définit les bases d’un mythe fondateur de la jeune république nord-américaine.

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