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Les courses de va’a entre politique, sport et identité

Les courses de va’a entre politique, sport et identité (1)


par Yves LELOUP et Jean-Marc REGNAULT


Dans quelque pays que ce soit, les compétitions sportives ne sont jamais très éloignées de la politique au sens large. Elles peuvent confiner au chauvinisme, voire au nationalisme le plus basique ; il suffit de se référer aux Jeux olympiques où le décompte des médailles ressortit systématiquement de la glorification d’un État, de sa puissance, de son système politique, économique et social.


Il serait donc bien surprenant que la Polynésie (française) échappe à cette association sport/politique. Tout autant qu’ailleurs, la dynamique sportive permet d’y lancer une carrière politique, de valoriser tel ou tel « fief électoral », voire de régler des comptes en jouant sur les subventions et autres pratiques de « politique politicienne ».


Localement, dans le cas spécifique des courses de pirogues (appelées désormais va’a), cette intrication est d’autant plus forte qu’elle s’inscrit dans un processus complexe d’affirmation d’une identité. L’image emblématique de la pirogue, en s’associant à des représentations anciennes plus ou moins fantasmées, prend place dans un combat politique, s’inscrivant lui-même dans une évolution historique, celle de la valorisation de l’autonomie.


***

   

Les courses de pirogues ont été instrumentalisées durant la période coloniale (Troisième République surtout) pour animer les fêtes patriotiques et susciter l’adhésion des Polynésiens aux valeurs de la République (2)


14 juillet vers 1890, pirogue double avec 30 rameurs.
14 juillet vers 1890, pirogue double avec 30 rameurs.

Après la Seconde guerre mondiale, au cours des fêtes de Juillet principalement, mais pas exclusivement, des courses de pirogues étaient fort appréciées, mais sans que ce sport fût généralisé. En effet, dans la quasi-totalité des districts, sitôt après le 14 juillet, les pirogues étaient remisées dans un hangar jusqu’à l’année suivante. Cependant, dès les années 50, quelques rencontres sportives ponctuelles apparurent dans la presqu’île de Tahiti, en dehors du Juillet. Elles regroupaient alors plusieurs districts. 


Si les courses de pirogues revêtaient un caractère essentiellement festif jusqu’à la fin des années soixante, elles devinrent, sous l’appellation va’a, un phénomène de masse, culturel et politique (3)


En effet, l’arrivée massive d’Européens liée à l’ouverture du CEP, le tourisme, l’enseignement généralisé du français et surtout la prolifération des médias, posèrent la question de la conservation du patrimoine polynésien. Ainsi, par réaction, les années 70/80 furent celles où des Polynésiens de plus en plus nombreux commencèrent à s’interroger sur leurs racines et la recherche d’une identité (4).


La pirogue signifie beaucoup plus, en effet, qu’une distraction. Elle joue un rôle fondamental dans la mémoire des descendants des migrants qui peuplèrent les îles polynésiennes. Éric Conte a consacré le dernier chapitre de son ouvrage au thème « Pirogues et sociétés polynésiennes (5) » et s’est attaché à l’étude des variations du mot va’a qui désignait de façon métaphorique la structure sociale et politique pré européenne. Les grands marae eux-mêmes seraient « des pirogues pétrifiées ». 


Timbre : Postes 2003 : Pirogues à voiles - Photo T. SALMON
Timbre : Postes 2003 : Pirogues à voiles - Photo T. SALMON

Dans ces conditions, la recherche des racines aboutit à magnifier les pirogues et l’extraordinaire capacité des anciens Polynésiens à se déplacer sur l’océan, même si l’art de la navigation fut largement perdu (6). Des savants et aventuriers cherchèrent donc à retrouver les techniques d’autrefois. À Hawaii, deux chercheurs, David Lewis et Ben Finney, entreprirent la construction d’une grande pirogue double de dix-neuf mètres, afin de tester scientifiquement dans des conditions réelles, les capacités de navigation des pirogues anciennes. C’est ainsi qu’en mai-juin 1976, Hokule’a (7), réplique d’une pirogue traditionnelle, fit la traversée vers Tahiti sans l’aide d’instrument de navigation. Ce périple de 5 370 km, parcouru en trente-deux jours permit de tester quelques-unes des hypothèses relatives aux connaissances nautiques des anciens Polynésiens. 


L’exploit sportif passionna alors la population tahitienne, comme la presse s’en fit l’écho. Éric Conte résume l’engouement des Tahitiens :


Au matin du 4 juin 1976, telle une apparition surgie du passé, une grande pirogue double, semblable à celles des navigateurs des temps anciens, faisait son entrée dans le port de Papeete. Par milliers, les habitants de Tahiti fêtaient Hokule’a, un peu de leur mémoire recouvrée (8)


Hokule’a
Hokule’a

Le phénomène majeur résidait dans le réveil d’une mémoire collective liée à l’océan, « l’océan des origines » selon l’expression d’Yves Leloup. Aussi en 1981, à Tahiti, une autre grande pirogue double fut-elle mise en chantier par Francis Cowan. La construction d’Hawaiki nui (9) prit quatre années de travail ; le projet étant de rallier la Nouvelle-Zélande. En quittant Tahiti, la pirogue fit successivement escale à Moorea, Raiatea et Rarotonga (îles Cook), en bouclant les 4 000 kilomètres en deux mois et trois jours. Hawaiki nui parvint le 30 décembre 1985 dans la baie de Plenty, précisément là où les premiers Maori avaient abordé la Nouvelle-Zélande. Le symbole est encore omniprésent. 


Hokule’a et Hawaiki nui retissèrent ainsi les liens symboliques de ce triangle polynésien, dont les sommets sont Hawaii, la Nouvelle-Zélande, et l’île de Pâques. Ces deux expéditions populaires et médiatisées, représentèrent des éléments déterminants, à la fois en faveur du renouveau culturel ma’ohi, mais aussi pour la réappropriation des pratiques physiques de haute mer. 


Ce ne fut pourtant qu’en 1975 que la pratique sportive se fédéra à Tahiti, avec la création de la Ligue des Piroguiers, avec la première course en mer dont le parcours d’environ dix-huit kilomètres ne s’éloignait guère du rivage.


À Hawaii, en 1975 également, une équipe tahitienne participa pour la première fois à la Molokai hoe (10), (course en haute mer, pour pirogues à six places). Pour les Tahitiens, il s’agissait réellement d’une découverte, car ils n’avaient pas été entraînés à la pratique en haute mer ; aussi l’équipe devait-elle principalement « repérer les lieux ». La véritable aventure s’y joua l’année suivante. En effet, à la suite d’une saison de réelle préparation sportive en haute mer, la pirogue tahitienne Tere matai (le vent qui file) termina en tête les 88 km de cette course marathon à Hawaii (11).


Le retour de l’équipe Te Oro Paa à Papeete fut alors triomphal et l’aspect politico-médiatique s’y greffa lorsque la presse donna copie du télégramme du député polynésien Francis Sanford en direction des piroguiers tahitiens à Hawaii :


« Population Polynésie française heureuse et fière de votre victoire - Stop - Félicitations à tous - Stop - Essayez intervenir pour que prochaine course ait lieu à Tahiti - Stop (12) ». 


Quelques années plus tard, en 1980, fut fondée la Fédération française de pirogue polynésienne (FFPP), regroupant déjà 49 clubs. La structuration sportive se fit tous azimuts : réflexion sur les règlements, uniformisation du poids des pirogues, définition internationale d’un « gabarit polynésien ». Parallèlement, les courses en plein océan se multiplièrent. En juillet, une nouvelle épreuve internationale fut créée, établissant son parcours entre Tahiti et l’atoll de Tetiaroa. Dès 1981 les premiers championnats internationaux de France de pirogues de haute mer furent organisés, tandis que naquit la Fédération internationale de pirogue polynésienne (FIPP). En 1984, eurent lieu en Californie les premiers championnats du monde qui, depuis, se renouvellent tous les deux ans.


En conséquence logique de cette médiatisation nouvelle (13), le monde sportif polynésien, en particulier celui du va’a, devînt vite un lieu privilégié d’affrontements indirects des hommes politiques. En 1980, Émile Vernaudon (14) fondait ainsi la Fédération française de Pirogue polynésienne (FFPP). Quant au futur président du gouvernement, Gaston Flosse, il saisit « très rapidement l'intérêt du va’a pour la constitution d’une identité polynésienne (15) ». Il ne tarda donc guère à y avoir du « rififi dans le va’a » selon l’expression du journaliste et chroniqueur sportif Patrick Pons (16).


Dans cette logique d’affrontements furent créées à Tahiti, la Ligue de Va’a, puis la Fédération Tahitienne de Va’a (FTV), avec Édouard Maamatuaiahutapu comme président. Ce dernier et Émile Vernaudon, opposés politiquement, menèrent sur le terrain sportif associatif, une lutte où les revirements politiques successifs privèrent tour à tour les groupements sportifs concurrents, des subventions publiques territoriales. Si Gaston Flosse comprit parfaitement l’intérêt identitaire et fédérateur de la pirogue polynésienne sur le plan de sa politique interne, dans le contexte régional, il trouva dans le va’a un outil d’intégration et de rencontre avec les autres États quand il devint secrétaire d’État au Pacifique Sud (17). Dans son sillage, Édouard Maamatuaiahutapu engagea des tournées internationales de prosélytisme sportif. Il s’agissait de convaincre les états voisins de s’affilier à la jeune FIPP ; ceci afin d’élargir l’audience des seconds championnats du monde. La Nouvelle-Zélande se laissa convaincre, puis les Îles Cook, les Samoa américaines et occidentales. D’autres suivirent… 

Timbre : 2002 : Xe championnat du monde de Va’a - Photo D. YAMAMOTO - COM/OPT 2002
Timbre : 2002 : Xe championnat du monde de Va’a - Photo D. YAMAMOTO - COM/OPT 2002

Politique sportive, politique du Territoire et politique de l’État convergèrent. En ce sens, en 1986, une décision budgétaire fut prise pour construire douze pirogues de compétition (V 6), afin de les offrir lors d’une tournée de démonstration sportive à travers le Pacifique. Les Forces armées françaises en Polynésie participèrent à cette tournée internationale. Ainsi, le Dumont d’Urville, navire de la Marine nationale, appareilla de Papeete le 21 mai 1987, emportant avec lui les douze pirogues, ainsi que des jeunes rameurs tahitiens et quelques entraîneurs. Au bilan, les pirogues furent offertes par paires aux îles Cook (Rarotonga), aux Samoa Occidentales, aux Samoa Américaines, à Niue, aux îles Fidji et à Tonga. Deux pirogues furent également expédiées en Nouvelle-Zélande et deux encore en Nouvelle- Calédonie. Il s’agissait surtout là de faire oublier la désastreuse affaire du Rainbow Warrior (18).


Sur le seul plan sportif, cette opération de séduction se concrétisa par de nombreuses affiliations à la FIPP. 


Dans ce contexte, dès que Gaston Flosse fut élu vice-président du Conseil de gouvernement, en 1982, il revendiqua l’autonomie interne et il ne faut pas s’étonner qu’il se saisît de la pirogue pour affirmer l’originalité de l’identité polynésienne. 


La loi du 06 septembre 1984 définit en effet un nouveau statut pour la Polynésie française : « l’autonomie interne dans le cadre de la République française ». Désormais, « le Territoire détermine librement les signes distinctifs (drapeau, hymne, sceau, ordre de Tahiti Nui) permettant de marquer sa personnalité » dans les manifestations publiques officielles, aux côtés de l›emblème national et des signes de la République. En raison de son passé emblématique, la pirogue polynésienne devînt le symbole de la culture ma’ohi, et l’emblème du drapeau de la Polynésie française. Lors des discussions sur le drapeau, selon le rapport débattu à l’Assemblée territoriale le 23 novembre 1984, la pirogue fut évoquée en ces termes : 


La pirogue, attribut sacré des rois et des grands chefs, a été le symbole par excellence de la civilisation polynésienne et c’est autour d’elle que se sont cristallisés les intérêts, les ambitions de tous les hommes […]  Plusieurs autres symboles peuvent être identifiés sur le motif retenu. Ainsi, les figurines représentent les cinq archipels de la Polynésie, embarqués sur la même pirogue. Le soleil symbolise la vie et la mer l’abondance.


Pour les rapporteurs du projet (Franklin Brotherson et Napoléon Spitz) le drapeau « symbolisera pour les prochaines générations l’esprit de liberté, de responsabilité et d’initiative d’un peuple tourné vers l’avenir ». Le drapeau fut adopté le même jour (délibération n°84-1030). Le dessein avait été réalisé par Alfred Chalons, professeur de dessin au lycée Lamennais. 


Drapeau polynésien
Drapeau polynésien

Pendant la période coloniale (19) les autorités de l’État avaient tenté d’utiliser les fêtes traditionnelles pour ancrer les Polynésiens dans la nation française. Ce fut particulièrement avéré lors des fêtes du 14 Juillet (le Tiurai). Cependant, en 1985, fut instituée une fête purement polynésienne : la fête de l’Autonomie, fixée au 29 juin. Le choix de la date n’était pas anodin. Certes, cette fête ne remplaçait pas officiellement la fête nationale du 14 juillet, mais, dans les faits, elle l’éclipsait ! Selon l’analyse de Sémir Al Wardi, en plaçant cette fête de l’Autonomie juste avant le mois de juillet, le président du gouvernement « [Gaston Flosse] monopolise donc ce mois de fête au profit du Territoire. Le défilé polynésien se faisant le 29 juin, au tout début de la fête, les symboles de la République sont ainsi masqués (20) ». 


Du même coup, à Papeete, on ne parle plus des courses de pirogues du Juillet, mais des courses du Heiva i Tahiti (21). Sur le plan des symboles, le 29 juin étant l’anniversaire de la cession « forcée » de Tahiti à la France par le roi Pomare V, en 1880, il y a vraisemblablement dans le choix de cette date une sorte de revanche historique à l’annexion du siècle précédent. 


En fait, la volonté sembla manifeste d’occulter les symboles de la République, pour les remplacer par d’autres. Ainsi fixer la célébration du Heiva, quinze jours avant l’institution ancienne et populaire du 14 juillet, c’était placer délibérément dans l’ombre la Fête nationale.


La politique et l’attachement à des valeurs identitaires allaient donc de concert et amplifiaient à la fois des revendications plus précises de distanciation avec l’État et une manipulation des manifestations sportives.

L’illustration la plus éclatante en est la fameuse course Hawaiki Nui, qui se dispute en V6 (cinq rameurs et un barreur). Imaginée par le journaliste Rony Poutoru en 1991 (22), elle fut mise en place l’année suivante sous l’impulsion d’Édouard Maamatuaiahutapu (23) (décédé en 2007). En raison de la participation régulière de territoires et de nations diverses, la course recueillit une audience internationale. Très médiatisée, cette compétition est donc attendue chaque année (24) par les compétiteurs, les spectateurs, les responsables politiques, les autorités de l’État et les médias) (25)



Un documentaire de Denis Pinson et Stéphane Jacques, « Le va’a dans les veines » fut présenté au FIFO 2017. Il soulignait :


« la passion de toutes les équipes présentes qui ne cherchaient pas uniquement la performance, mais surtout à vivre cet instant de partage ». 


Le président Brotherson au départ de la course Hawaiki Nui.
Le président Brotherson au départ de la course Hawaiki Nui.

Les organisateurs cherchèrent à rendre les résultats sportifs indiscutables par une réglementation appropriée et des mesures anti-dopage (en 2019 surtout). Généralement, le directeur de la course Hawaiki Nui, Alfred Mata récite une prière à l’ouverture des épreuves ; ceci selon le rite pratiqué en Polynésie lors des manifestations importantes. Les gouvernements successifs veillèrent sur l’organisation et s’ingénièrent à prouver leur attachement à cet événement et/ou à l’utiliser dans le cadre de démarches politiques. En 2022, le président Fritch inaugura le fare d’accueil reconstruit à Fare (île de Huahine). Le ministre de l’agriculture de l’époque proposa aux rameurs du ma’a Tahiti et de l’eau de coco pour promouvoir l’usage de produits locaux. Le nouveau président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, élu le 12 mai 2023, était présent à Huahine au départ de la course et assista à la prière prononcée par Alfred Mata.


Conclusion


En affrontant de nouveau « l’océan des origines », les pirogues polynésiennes traditionnelles redonnent à la communauté polynésienne son ancrage culturel et sa fierté. Les ancêtres mā’ohi ont conquis l’océan Pacifique sur leurs pirogues et celles-ci, en franchissant de nouveau aujourd’hui les grands espaces inter archipels, restituent aux Polynésiens leurs racines et leur identité (26). En ce sens, l’évolution des pratiques de courses, depuis le lagon vers la haute mer, est une transformation symbolique de l’activité sportive et des images qui y sont associées.


engouement pour les courses de pirogues (Pointe Vénus, Mahina, 4 mai 2024)
engouement pour les courses de pirogues (Pointe Vénus, Mahina, 4 mai 2024)

Cette évolution des représentations culturelles et identitaires de la pirogue ne peut cependant être détachée de son contexte social et politique. Comme nous l’avons souligné, l’éclosion des représentations nouvelles du va’a naît d’un faisceau d’influences multiples. L’avènement, par exemple, des thèses politiques autonomistes et même indépendantistes, et des politiques culturelles contemporaines, ne peut s’expliquer en dehors du contexte particulier du choc culturel des années 1960-1970 et de l’ouverture du Centre d’expérimentation nucléaire. Parallèlement, selon une dynamique culturelle identique, le développement sportif spectaculaire, tant local qu’international, s’appuie depuis 1975 sur une logique identitaire comparable. De ce point de vue, l’infléchissement des courses vers la haute mer, en effectuant un « re codage symbolique » de ces mêmes pratiques corporelles, renforce d’autant l’attachement identitaire de la communauté ma’ohi


Cette forte adhésion ne pouvait laisser indifférente le monde politique local. C’est pourquoi, la mouvance identitaire ma’ohi, que les autonomistes ont tenté d’accaparer à leur seul profit, développe très tôt, autour de l’image de la pirogue, un discours s’appuyant sur le retour aux valeurs traditionnelles. Contribuant au formidable développement sportif du va’a (notamment en le répandant à l’international (27)) et phagocytant même ses structures dirigeantes, la totalité de la sphère politique locale poursuit une politique culturelle où la pirogue polynésienne occupe une place privilégiée. Ainsi valorisé et instrumentalisé, le va’a est devenu en quelques décennies un enjeu de pouvoir, tant son image et sa portée symbolique dépassent maintenant le cadre de la seule pratique sportive.


1 - Cette partie s’inspire d’un article déjà ancien (mais actualisé) co-écrit en 2004 avec Yves Leloup, « Dans le sillage polynésien des courses de pirogues. Des fêtes patriotiques coloniales à la quête identitaire ma’ohi », Sports et loisirs dans les colonies, XIXe-XXe siècles, sous la direction d’Évelyne Combeau-Mari, SEDES/Université de La Réunion, 2004, p. 49 à 79. 

2 - Yves Leloup, « La mise en scène des fêtes patriotiques aux Établissement français d’Océanie : 1842-1870 », in Munoz L. (sous la dir. de), Usages corporels et pratiques sportives aquatiques du XVIIIe au XXe siècle, Paris, éd. L’Harmattan, 2008, vol. 1, pp. 101-115.

3 - Yves Leloup a développé ce paragraphe dans « Presse et courses de pirogues en Polynésie. D’un contrôle colonial vers une médiatisation identitaire mā’ohi », in Évelyne Combeau-Mary (sous la dir. de) Sport et presse en France, XIXe-XXe siècles, Paris, Bibliothèque universitaire et francophone, 2007, pp. 83-107.

4 - Bernard Gille et Pierre-Yves Toullelan, Le mariage franco-tahitien. Histoire de Tahiti du XVIIIe siècle à nos jours, Polymages-Scoop, 1994, pp. 145-176.

5 - Éric Conte, Sur le chemin des étoiles. Navigation traditionnelle et peuplement des îles du Pacifique, Au vent des îles, 2023, pp. 178-187.

6 - Éric Conte, op. cit., pp. 106-129.

7 - La pirogue fut baptisée Hokule’a, nom donné par les Hawaïens à l’étoile Arcturus, qui passe à la verticale de leur archipel. C’est le rappel symbolique des méthodes traditionnelles d’orientation des anciens Polynésiens.

8 - Éric Conte, op. cit., p. 43. 

9 - Hawaiki nui signifie « la grande terre des origines ». C’est un nom chargé de symboles culturels car, selon la tradition Hawaiki (ou Havaiki) est le lieu de naissance des dieux, des souverains et de l’homme. Raiatea aurait été cette île mythique. 

Sur Francis Cowan et Hawaiki nui, voir Éric Conte, op. cit., pp. 47-50 et Jean-Marc Pambrun, Francis Puara Cowan. Le maître de la pirogue polynésienne, éditions Le Motu, 2007 (préface d’Olivier de Kersauzon).

10 - Cette course de haute mer, baptisée Molokai hoe, a été créée à Hawaii en 1952. 

11 - Après une course de 7 heures et 53 minutes, la pirogue tahitienne arriva loin en tête de la compétition. Par ailleurs, au sein des neuf premières places, se placèrent sept équipes tahitiennes. 

12 - Télégramme officiel du député Francis Sanford à Tutaha Salmon (Président de la Ligue des Piroguiers) in Les Nouvelles de Tahiti, 19 octobre 1976, p. 10. Rappelons que F. Sanford fut vice-président du conseil de gouvernement de 1977 à 1982 et que Tutaha Salmon, du parti de Gaston Flosse, fut député de 1982 à 1986.

13 - Yves Leloup, « Presse et courses de pirogues en Polynésie. D’un contrôle colonial vers une médiatisation identitaire ma’ohi », in Combeau-Mary E. (sous la dir. de) Sport et presse en France - XIXe-XXe siècles, Paris, Bibliothèque univ. et francophone, 2007, pp. 83-107.

14 - Émile Vernaudon : à l’époque, conseiller du gouvernement polynésien, chargé de la Jeunesse et des Sports. 

15 - Entrevue avec Louis Maiotui, vice-président de la Fédération Tahitienne de Va’a, le 19 février 2004.

16 - Patrick Pons, L’histoire du sport à Tahiti, 1992, vol. 2, pp. 203-205.

17 - Paul De Deckker, « Le secrétariat d’État au Pacifique Sud. Pour une politique du développement ou un développement du politique », in Jean-Marc Regnault (sous la dir. de) François Mitterrand et les territoires français du Pacifique (1981-1988), Paris, éd. Les Indes Savantes, 2003, pp. 493-506.

18 - Yves Leloup, « Va’a, la construction d’un symbole identitaire ma’ohi dans le Pacifique Sud - Entre desseins autonomistes et restauration de l’image de la France après l’affaire du Rainbow Warrior », in Thierry Terret (sous la dir. de), Sport et Géopolitique, Paris, L’Harmattan (coll. Espaces et temps du sport), 2011, pp. 143-167.

19 - Période coloniale : sa délimitation chronologique est fonction des tendances politiques, mais nous noterons ici une rupture importante en 1984.

20 - Sémir Al Wardi, Tahiti et la France. Le partage du pouvoir, Paris, L’Harmattan, 1998, pp. 267-269.

21 - Heiva est le nom traditionnel donné en Polynésie à tous les divertissements, incluant jeux « sportifs », danses, chants, musique (et guerre autrefois). Mais au XIXe siècle, les missionnaires firent frapper d’interdit les heiva et l’ensemble des rites anciens. On assiste donc vers 1985 à un retournement historique des règles du jeu.

22 - Patrick Pons, L’histoire du sport à Tahiti, 1992-2002.

23 - Cette course se dispute en trois étapes entre les îles de Huahine, Raiatea, Tahaa et Bora-Bora. Elle comportait 3 catégories : masculine, féminine et junior, mais au fil des années s’ajoutèrent de nouvelles catégories, séniors, benjamins, équipes mixtes, handisport.

24 - Ce fut donc un très grand choc lorsque, pour cause de pandémie de Covid 19, cette course fut annulée en 2020 et 2021. 

25 - Illustration de la popularité de ce sport : un Magazine du Va’a fut publié entre 1998 et 2000 (52 p. quadri), créé par Yves Haupert et Rony Pouturo. Que ce magazine ait pu survivre trois ans dans un pays où la population est si réduite est déjà fort significatif.

26 - Vice-Amiral Emmanuel Desclèves, Le peuple de l’Océan, L’art de la navigation en Océanie, L’Harmattan, 2010, 310 p., Préface de Michel Rocard.

27 - Le va’a polynésien attire de nombreux sportifs dans le monde. D’après Tahiti-Infos (30 octobre 2017), il y avait environ 30 000 licenciés dans le monde, dont 4 265 localement. 

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