Les mers du sud
- 1 avr. 2023
- 13 min de lecture
CESARE PAVESE(1908-1950)
I mari del Sud
Introduction : Riccardo Pineri
Traduction tahitienne : Hiriata Millaud

Cesare Pavese est l’une des voix les plus originales de la poésie européenne du XXe siècle. Il est né en 1908 à Santo Stefano Belbo, dans les Langhe, région de collines et de vignes au sud du Piémont. Il fait ses études secondaires et universitaires à Turin, la grande ville industrielle riche de ferments intellectuels, foyer social des transformations majeures de l’Italie moderne. Avec ses salles de spectacles, ses cafés-chantants, son industrie cinématographique en plein essor, Turin forme le cadre de riches expériences pour le jeune intellectuel, l’autre versant étant le monde paysan natal, avec ses bruits immémoriaux, ses mythes ancestraux, ses angoisses et ses découvertes, qui jouera un rôle aussi fondamental dans l’existence du poète. Il enseigne dans des écoles du soir, se consacrant d’abord à la traduction des auteurs de la littérature anglaise et américaine, Herman Melville, Joseph Conrad, Walt Withman, John Dos Passos. Dans l’Italie des années 30, le travail de traduction de Cesare Paves apporte une contribution nouvelle à la culture italienne, il ouvre des fenêtres sur d’autres horizons. En 1936 il est envoyé en résidence surveillée en Calabre.
La politique culturelle du fascisme italien, populiste, anti-européenne, anti-américaine, exalte le retour aux racines paysannes et traditionnelles, et ne peut que voir d’un mauvais œil cette pratique de l’ouverture qu’implique toute véritable traduction. Nous sommes dans les années où le mouvement culturel dominant interne au fascisme porte le titre de « strapaese », l’ultra terroir, « pays à outrance », qui revendique comme authentique la culture italienne rurale et villageoise, opposée à la culture des villes, conçues comme des foyers cosmopolites et multiculturels. La revue qui incarne la politique culturelle de ce mouvement s’appelle « il selvaggio » (le sauvage) et construit autour de ce « mythe du XXe siècle » l’image du « véritable italien », dont l’authenticité se veut brutale et sauvage, en opposition aux modèles de la civilisation moderne bourgeoise et urbaine.
Avec son œuvre de traducteur, accompagné par le travail de création romanesque et poétique, Pavese opère une rupture par rapport au mythe de la violence qui fascine tant d’intellectuels européens de ces années de malentendus sur les origines, et qui rejettent les sources modernes de l’Europe, se projetant vers un passé préchrétien, où la Terre, le Sol, le Sang deviennent les idoles d’un nouveau culte.
Le poème « Les mers du Sud » est écrit par Pavese en 1930, il représente sa première tentative de « poème-récit », où l’intensité de la parole dans la poésie se conjugue avec la dimension dialogique, le souci de l’objectivité du récit. Mélangeant la langue parlée, le dialecte, et la langue de la plus pure tradition littéraire, les formes de la tradition orale et les emprunts littéraires (Melville, Conrad), Pavese donne l’exemple d’une parole qui se nourrit d’abord d’emprunts multiples, qui ne vit que grâce à l’apport des « patries imaginaires » (Salman Rushdie) : les lieux qui nous ont apporté la richesse du monde, les livres qui nous ont expatriés dans la grandeur du réel. Le « retour de l’expatrié » dont il est question dans ce poème, s’accompagne chez Pavese du sentiment du voyage comme exil permanent. Les Langhe deviennent le pays de l’intérieur, devenu mémoire-source authentique. Dans le dialogue du jeune homme rêveur d’ailleurs et l’homme d’expérience qu’est le « cousin », le monde de la littérature et du rêve « des îles les plus belles de la terre » et le monde du réel, du travail, se font face, non pas comme éléments d’opposition mais comme rythme dans lequel prend place l’existence humaine.
Si le poète parie tout sur la vérité du mot, il sait écouter également ce sur quoi bute toute parole humaine, le silence, ce sentiment élégiaque du temps qui est au cœur de l’expérience de l’homme occidental.
Cesare Pavese mettra fin à ses jours par une journée caniculaire et vide de l’été turinois, le 27 août 1950.
Riccardo Pineri
Nous marchons un soir sur le flanc d’une colline
en silence. Dans l’ombre du crépuscule finissant
mon cousin est un géant habillé de blanc
qui calme se déplace, le visage bruni,
taciturne. Se taire est notre vertu.
Un de nos ancêtres a dû être bien seul
un grand homme parmi des idiots ou un pauvre fou
pour avoir appris aux siens un si grand silence.
Mon cousin a parlé ce soir.
Il m’a demandé
si je montais avec lui : depuis le sommet on aperçoit
dans les nuits claires le reflet du phare
au loin, de Turin. « Toi qui habites Turin »
m’a-t-il dit « mais tu as raison.
La vie il faut la vivre
loin du pays : on en profite, on en jouit
et puis, lorsqu’on revient, comme moi à quarante ans
on trouve tout changé. Les Langhe ne se perdent pas. »
Il m’a dit tout cela et il ne parle pas italien,
il utilise lentement le dialecte qui, comme les cailloux
de cette même colline, est si rude
que vingt ans de parlers et d’océans divers
ne l’ont pas ébréché. Et il continue de monter
avec le regard rassemblé que j’ai vu, enfant,
dans les yeux des paysans un peu fatigués.
Il avait bourlingué pendant vingt ans.
Il est parti quand j’étais encore un enfant
porté par les femmes. J’entendis parler de lui
par des femmes, comme dans une fable, parfois
mais les hommes, plus graves, l’oublièrent.
Un hiver arriva une carte pour mon père mort
avec un grand timbre verdâtre de navires dans un port.
et les vœux de bonne vendange. Ce fut un
grand étonnement, mais l’enfant qui avait grandi
expliqua avidement
que la carte venait d’une île appelée Tasmanie
entourée d’une mère plus bleue, aux requins farouches
dans le Pacifique, au sud de l’Australie.
Et il ajouta que sans doute
le cousin était pêcheur de perles. Il détacha le timbre.
Tous donnèrent leur opinion, mais tous conclurent
que s’il n’était pas mort, il mourrait.
Tout le monde ensuite oublia et beaucoup de temps
passa. Que de temps est passé depuis que j’ai joué
aux pirates malais. Et depuis la dernière fois
que je suis descendu me baigner dans un lieu dangereux
que j’ai poursuivi un camarade dans les arbres
en cassant les belles branches et que j’ai brisé la tête
à un rival en prenant des coups,
que de vie s’est écoulée. D’autres jours, d’autres jeux
d’autres bonds du sang face à des rivaux
plus élusifs : les pensées et les songes.
La ville m’a appris des peurs infinies,
une foule, une rue m’ont fait trembler,
une pensée, parfois, épiée sur un visage.
Je sens encore dans les yeux la lumière moqueuse
des lampadaires, des milliers sur le grand trépignement.
Mon cousin est revenu, la guerre terminée,
gigantesque, parmi les rares. Il avait des sous.
Mes parents disaient doucement : « Dans un an au plus
il a tout bouffé et il repart.
Les désespérées meurent ainsi ».
Mon cousin a une gueule décidée.
Il acheta un rez-de-chaussée
au village et il y fit pousser un garage en ciment
avec flambant neuf le distributeur d’essence
et sur le pont bien en vue au virage la plaque-réclame.
Il y installa un mécanicien pour encaisser les sous
et lui se promenait dans les Langhe en fumant.
Il s’était marié, au village. Il prit une jeune fille
fine et blonde comme les étrangères
qu’il avait certainement rencontrées dans le monde.
Mais il sortait encore tout seul. Habille en blanc,
les mains dans le dos et le visage basané
le matin il faisait les foires et d’un air bougon
marchandait les chevaux. Il m’expliqua ensuite,
lorsque le projet foira, que son plan
était d’enlever toutes les bêtes à la vallée
et d’obliger les gens à lui acheter les moteurs.
« Mais la bête » disait-il « la plus grosse de toutes,
c’est moi. Je devais le savoir
qu’ici les bœufs et les gens font une seule race ».
Nous marchons depuis plus d’une demi-heure.
La cime est proche,
toujours monte autour le froissement
et le sifflement du vent.
Mon cousin s’arrête net, se retourne. « Cette année
j’écris sur l’affiche « Santo Stefano
a été toujours le premier dans les fêtes
de la vallée du Belbo, quoiqu’ils disent
ceux de Canelli. » Il reprend ensuite sa montée.
Un parfum de terre et de vent
nous entoure dans l’obscurité,
quelques lumières au loin : des fermes, des voitures
que l’on entend à peine ; et je pense à la force
qui m’a rendu cet homme, l’arrachant à la mer,
aux terres lointaines, au silence qui dure.
Mon cousin ne parle pas des voyages accomplis.
Sobre, il dit qu’il a été ici, là bas
et il pense à ses engins.
Un rêve seul
lui est resté dans le sang : il a croisé une fois
comme mécano d’un bateau de pêche hollandais,
le cétacé,
il a vu voler les harpons lourds dans le soleil,
il a vu s’enfuir les baleines parmi les écumes de sang,
leur poursuite, leur queues se lever
et lutter contre les canots.
Il m’en parle parfois.
Mais lorsque je lui dis
qu’il fait partie des heureux qui ont vu l’aurore
sur les îles les plus belles de la terre,
il sourit à ce souvenir et répond que le soleil
se levait quand le jour était déjà vieux pour eux.
Te hiti tai i to’a
Te hähaere nei mäua i te hö’ë pö iti nä te pae mau’a
reo ‘ore. I te maru ahi mörohi
e ta’ata iti rärahi ‘ahua ‘uo’uo tö’u taea’e täne
‘e te nä ‘ia nu’u, te mata hiri,
parauparau ore. ‘Ia vai mü ‘o tö mätou ia ha’apeu’a.
I vai ra ‘o ia ana’e iho mau paha e tahi ö tö mätou mau tupuna
e manu ta’ata rautï ma’au ‘aore rä e värua urua änei
i ha’api’i ai i tö hüa’ai i teie huru mü vävao.
‘ua parauparau tö ‘u taea’e täne i teie pö.
‘ua ani mai iä ‘u
e pä’uma änei au nä muri iä ia : mai te tupua’i mou’a e ‘itehia
i te pö ‘äva’e te ‘ana hi’o ö te pou mörï
i te ätea, nö Turino. « ‘oe e noho nei i Turino »
parau mai ‘o ia iä ‘u « ‘a hiri ‘ua tano ‘oe.
Te ora ia orahia
ätea i te ‘äi’a : ‘ua fäna’o ia, ‘ua ‘are’ahia iä ia
e inaha, ‘ia ho’i mai, mai iä ‘u i te maha -‘ahuru-ra’a ö te matahiti
e au huru ‘ë atu ra te mau mea ato’a. E’ita te reo « Langhé » e mo’e.
Te ra pau roa tä na i parau mai ‘e ‘aita ia i ‘ite i te reo ‘ïtäria,
E reo tupu parau marü noa tä na ‘e, mai te ‘öfäfa’i
Ö teie iho nei mau’a, te taratara mau
i ‘ita nau rua tini matahiti ‘äparauparau ‘e te moana rau
i ‘öfäfä noa a’e. ‘E te pä’uma noa ä ‘o ia
mä te mata ‘ï ‘o tä ‘u i ‘ite na, e tamari’i ä vau,
i roto i nä mata ö te ta’ata tupu fa’ahotu ‘äi’a ruhia ri’i.
‘ua horo fano na ‘o ia i te roara’a tau e piti ‘ahuru matahiti,
‘ua reva na ‘o ia ‘a amoamo-noa-ä-hia ra vau ‘e te mau vahine
‘e te parauhia ra e ‘ua mate ia. Häro’aro’a a’e ra vau i tö na parau
mai roto mai i te mau vahine, mai roto i te hö’ë huru fäpura, taime ihoä
‘äre’a te mau täne, pa’ari ‘oto a’e, hämo’e atu ra iä na.
I te hö’ë tau to’eto’e tae mai nei hö’ë täreta nä tö ‘u metua täne i matea na
‘e te hö’ë tïtiro rahi mämatie fa’ahöho’a pahï tütau ‘ö’o’a i ni’a iho,
‘e te pöro’i ato’a ho’i ia maita’i te tau fa’ira’a vine. ‘ua hiti mähuta rahi,
te tamari’i rä ‘o tei pa’ari mai, fa’ata’a ‘aiha’a atu ra
e nä te hö’ë fenua iti pi’ia Taramania mai te täreta nei
hä’atihia ‘e te hö’e hiti tai moana uri a’e, ti’a’a ma’o hae
i ni’a i te Patifita, i to’a nö ‘Auteräria. ‘e fänänea atu ra te parau ë e’ita e ‘ore
e ta’ata hopu poe pärau te taea’e nei. ‘Iritï atu ra i te tïtiro.
Höro’a pä’ato’a mai ra i tö rätou hi’ora’a mäna’o, tü pä’ato’a atu ra rä
e mai te mea ‘aita ‘o ia i mate na, e mate rä.
Pau roa i muri iho ‘ua ‘aramoina a’e ra ‘e e rau tau i ma’iri atu.
Ua ma’iri ia tau i
hä’uti horo pahï ‘eiä märëtia noa ai au. ‘e i pou höpe’a roa iho nei
ai au e hopuhopu i te hö’ë vähi ataata
i tö ‘u a’ua’ura’a i te tahi hoa tama nä ni’a i te tumu rä’au
‘a ha’afäfati haere i te mau ‘äma’a ruperupe ‘e i tüpa’i ai au i te upo’o
ö te tahi ‘ai’ona ‘a tano ato’a ai au i tä ‘u,
‘ua horo ho’i ia ora. Mahana ‘ë, hä’uti ‘ë
uru toto riri ‘ë ‘a fa’aü ai i nau ‘ai’ona
‘ape’ape a’e : te mäna’ona’o ‘e te hei-tä’oto’oto-a.
‘ua ha’api’i mai te ‘öire i te mau ri’ari’a ‘o muri atu,
e ruru ta’ata, e puromu na’ina’i ‘e ‘ua rürüa teie,
e mäna’o, i te vëtahira’a ra, fa’a’ao-huna-hia i ni’a i tö tërä mata.
Te ‘oto noa nei ä tä ‘u mata i te pura ‘ö’ö
Ö te mau türu’i mörï, e mano i ni’a iho i te horahora ta’ata’ahïra’a.
‘ua ho’i mai tö ‘u taea’e täne, hope te täma’i,
manu rahi, rotopü i tei toe mai. E moni tä na.
I parau marü ai tö ‘u nä metua : « E tahi ä matahiti a’e
‘ua ‘amu ha’apau ia ‘e te reva fa’ahou nei.
Mai te reira ihoä te hi’aturi ‘ia mate ».
E höho’a mata vai päpü tö tö ‘u taea’e täne.
Ho’o mai nei ‘o ia i te tahua raro nö te hö’ë fare tahua rau
i te pü ‘öire ‘e fa’atupu a’e ra i te hö’ë fare tïmä tätä’ira’a pere’ö’ö
mä te hö’ë pämura’a mörï ‘äpï ‘ana’ana maita’i
‘e i ni’a i te ‘e’a turu ‘ite-maita’i-hia atu i te tïpu’ura’a puromu te ‘iri-fa’atïani.
Ha’apärahi a’e ra i te hö’ë ta’ata tätä’i mätini nö te ha’apa’o i te ‘äfata moni
‘äre’a ‘o na ra e ori haere ia nä roto i te « Langhe » huti noa ai tä na ‘ava’ava.
‘ua fa’aipoipo ‘o na, i te pü ‘öire. Fa’aea atu ra i te hö’ë pöti’i
‘aravihi ‘e te rouru ‘ehu mai te mau vahine nö te ara
e mea päpü mai tä na i färërei i roto i te mau rurura’a ta’ata ‘ona.
‘O na noa iho rä ia haere e ori. ‘Ahua ‘uo’uo,
te rima i muri i te tua ‘e te aro hiria ‘e te tüpa’i mahana
i te po’ipo’i e haere na nä te mau mätete ‘e mai te ‘ömuhumuhu
e ho’o-märörö na i te püa’ahorofenua. Fa’ata’a mai nei i muri atu,
i te ‘öihu-roa-ra’a te ‘öpuara’a nei, te mea tä na i fëruri mai
e fa’a’ore roa i teie manu i roto i te fa’a
‘e e fa’ahepo i te ta’ata e ho’o mai i te mau mätini.
« ‘äre’a te püa’a ra » mai iä na i parau na « te mea püai roa a’e,
‘o vau ». E aha ho’i au i ‘ita i ‘ite ë
i ‘ö nei te püa’atoro ‘e te ta’ata hö’ë ä ia huru manu ».
Te hähaere noa nei mäua ‘ua hau te ‘äfa hora. Te fätata nei te tupua’i mou’a,
Puhi püai noa ato’a atu nei nä te hiti te ‘ahehe ‘e te hiohio ö te mata’i.
‘ua fa’aea tä’ue nei tö ‘u taea’e täne, ‘ua färiu mai. « Teie matahiti
e päpa’i au i ni’a i te paruai fa’atïani « ‘o Tepano Peata
tei upo’oti’a noa na i roto i te mau heiva
ö te fa’a nö te Perepo, noa atu ä tä rätou paraura’a
‘o tö Tänëri. » ‘e ‘ua rave ä tenä i tä na pä’umara’a.
E ‘ä’ara fenua ‘e mata’i të ‘äua fä’ati nei iä mäua i roto i te pöuri,
Nau mörï i te ätea : e mau ‘utuäfare fa’ahotu fenua, e mau pere’ö’ö
të häro’a-ätea-ri’i-noa-hia ; ‘e te mana’o nei au i te mana
‘o tei fa’aho’i mai iä ‘u nei teie ta’ata, mä te hutia mai iä ia mai te tai,
mai te fenua ätea, mai te mü mure ‘ore.
E’ita tö ‘u taea’e täne e fa’ahiti i te parau nö te mau tere i fanohia na.
Ari’i, te parau nei e ‘ua tae i ‘ö a’e, i ‘ö atu,
‘e te fëruri nei i tä na mau pere’ö’ö mätini.
Hö’ë heiätä’oto noa iho
i vai na’ona’o i roto i tö na manava : ‘ua ‘ite ‘o ia i te hö’ë-roa-ra’a
e ta’ata tätä’i mätini nö te hö’ë pahï rava’ai horaneta ho’i ia, i te i’a rahi ra,
‘ua ‘ite ‘o na te verora’a te mau ‘äuri pätia teiaha nä roto i te mahana,
‘ua ‘ite ‘o na te horo-püpara-ra’a te mau tohorä nä roto i te hu’a miti toto,
te a’ua’ura’ahia atu, tö rätou ‘aero i te ti’ara’a ‘e i te tä’irira’a i te mau poti.
E fa’ahiti mai ‘o ia iä ‘u vëtahi taime.
‘Are’a ‘ia parau atu vau
e ta’ata fäna’o ‘o na mai ‘o tei ‘ite i te ‘ä-ahi-ata
i ni’a i te mau motu pürotu roa ‘ino ö te ao nei,
e mata ‘ata’ata mai ia mëhara a’e ‘e ‘ua pähono mai ‘o ia ë
e hiti na te mahana ‘e ‘ua ruhia a’e na te ru’i iö rätou.


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